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Posted 08/09/2016 by ET in Prévenir les difficultés
 
 

S’assurer ? Oui mais pourquoi (partie 1)


Il n’est pas rare de voir des entrepreneurs ou gérants de TPE se demander à quoi cela sert d’être assuré. Certains ne sont même pas vraiment assurés pour les risques qu’ils encourent, et d’autres en pensant que cela fait des économies ne s’assurent pas. L’assurance est en plus un rouage essentielle pour beaucoup de secteurs économiques (santé mais aussi réparations après sinistres…)

Si on retrouve principalement ce phénomène de déni d’assurance dans le bâtiment, avec l’assurance décennale, il existe aussi dans d’autres domaines.
La mutuelle d’entreprise obligatoire est une autre forme d’assurance qui s’est ajoutée, et qu’un employeur peut décider unilatéralement de mettre en place dans les TPE de moins de 10 salariés.




L’assurance pour le chef d’entreprise un vrai casse-tête. Il faut donc comprendre pourquoi vous devez vous assurer ! Commençons d’abord avec un peu de définitions.

Assurer : les fondements théoriques

Si d’habitude j’aime bien parler des choses concrètes et pratiques, pour une fois je vais vous parler théorie. En effet pour comprendre l’assurance et son fonctionnement, il faut se placer dans le schéma principal-agent (que j’ai adoré lors de mon parcours universitaire). C’est une relation qui se retrouve dans plusieurs cas économiques :

On voit donc que l’activité ou les gains du principal (assureur) dépend des actions de l’agent (assuré).

Pour ma part c’est un concept fondamental qui s’articule autour de :

  • la sélection adverse : dans le cas d’une assurance auto à prix fixe, sans questionnaire, les mauvais conducteurs vont avoir tendance ) souscrire (car le coût des accidents sera supérieur au prix de l’assurance) tandis que les bon conducteurs éviteront de souscrire. Pour remédier à ce problème, et adapter son service, l’assureur va chercher à connaître ses clients
  • l’alé moral : typiquement une des causes de la crise asiatique de 1997 où les « agents » qui investissaient pour le compte de « principaux » prenaient des risques sans que les détenteurs ne le sachent. Cette asymétrie d’information crée une rente informationnelle, et donc le profit que l’agent peut en tirer au dépend du principal ou de tiers – comme certains PDG le font si bien au dépend des actionnaires et des salariés. Seule l’information peut corriger ce déséquilibre – mais ce n’est pas évident en fonction des situations.
  • le problème de signal : on parle ici d’une information privée que l’agent veut partager et non vérifiable par le principal. L’agent peut ainsi être tenté de mentir pour améliorer son profit, sa situation… au dépend du principal. On retrouve ce problème lors du recrutement avec la motivation réelle ou factice pour des profils similaires, ou les infos fournis sur le CV… Pour vérifier une information, il faut alors mettre en place une certification, principe que l’on retrouve dans les systèmes d’assurance qualité (ISO, Nadcap …)

Dans le cas de l’assurance, l’assureur détache ainsi les primes d’assurance et la franchise pour équilibrer le risque et maximiser donc son profit : les mauvais conducteurs s’orienteront vers les contrats à fortes primes et faible franchise, tandis que ce sera l’inverse pour les bons conducteurs.

Qu’est ce que l’assurance ?

Selon wiki :

Une assurance est un service qui fournit une prestation lors de la survenance d’un événement incertain et aléatoire souvent appelé « risque ». La prestation, généralement financière, peut être destinée à un individu, une association ou une entreprise, en échange de la perception d’une cotisation ou prime.

Il est important de noter que le risque un aléa : on ne sait pas quand, ce n’est pas voulu, et ce n’est pas illicite. Cela implique que les évènements déjà passés ne sont pas assurables. Ce sont l’ensemble des primes collectées et des franchises, sur lesquelles l’assureur prend sa marge, qui alimentent le système.

Sur cette base, tout peut être assuré : un immeuble, une voiture, des jambes, une vie, une entreprise, un contrat …. L’entreprise, assurance, récupère le risque cédé par l’assuré sur une base contractuelle. Mutualiser le risque permet de réduire les primes, franchises … en bref le coût du risque.

L’actuaire est ainsi un acteur clé des assurances car c’est lui qui apprécie les statistiques et probabilités pour déterminer une tarification.

L’assureur peut aussi se faire réassurer, notamment en cas de risques exceptionnelles afin d’éviter que son fonds de garantie soit siphonné par un événement majeur.

Leur activité est encadrée par plusieurs textes législatifs dont :

  • Code des assurances pour les sociétés d’assurances
  • Code de la mutualité pour les mutuelles
  • Code de la sécurité sociale pour les institutions de prévoyance et de retraite,
  • Code monétaire et financier, notamment depuis la fusion des activités d’assurance et de banque

L’entrepreneur qui sait qui est son interlocuteur est déjà en meilleur posture pour négocier un contrat adapté. Mais le prochain post s’adressera aux petits malins qui voudront éviter de s’assurer pour gagner plus et perdre gros au final.