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Posted 13/11/2015 by ET in Rebondir
 
 

Des débuts du tampon à nos jours

Sceau ou tampon cylindrique Mésopotamien
Sceau ou tampon cylindrique Mésopotamien

Si le tampon encreur est devenu un objet commun et de tous les jours, on oublie souvent que cet outil d’entreprise a probablement signé de son encre indélébile nombre de documents majeurs de notre Histoire. Nous lui rendons donc la politesse en nous intéressant brièvement aux origines de cet outil auparavant appelé « timbre », qui n’a pas connu d’évolution majeure pendant des siècles. Puis le caoutchouc est arrivé…

D’Est en Ouest, entre sceau et tampon

Le marquage du bétail existait déjà selon certaines études en Mongolie et en Inde 8 000 ans avant J-C; soit bien avant les tampons Mésopotamiens souvent cités comme référence. Il s’agit d’un cylindre-sceau que l’on roulait sur une tablette en argile afin de marquer des motifs en relief et notamment sceller le col des jarres. C’est en 1676 qu’une nouvelle loi réglemente le tarif du port des lettres dans tout le Royaume français et ses dépendances. Étant donné que la taxe dépend de la distance d’expédition, apposer le nom de la ville sur les colis devient inévitable.

Sceau ou tampon cylindrique Mésopotamien

Sceau cylindrique Mésopotamien

Les marques postales sont apparues à la fin du Moyen Âge, bien avant l’introduction de l’affranchissement préalable par un timbre-poste. Elles ont été initialement utilisées pour faciliter l’encaissement du prix du transport à l’arrivée (Port dû), ou pour constater son affranchissement au départ.

Evolution vers le tampon moderne

Les siècles suivant ne virent pas de révolution majeure dans l’utilisation du sceau et du tampon. Gutenberg, bien avant l’obligation postale du marquage, usa du principe que l’on connait du tampon pour son imprimerie au 16ème siècle. Mais que cela soit pour tous ces systèmes d’encrage, le savoir-faire des graveurs était requis. Il fallut attendre le 19ème siècle et l’invention du caoutchouc pour une tentative d’innovation. Malheureusement cette matière se révéla trop molle et ne conservait pas les formes.

L’évolution majeure, dans le domaine du tampon, date de 1839. Charles Goodyear a trouvé le moyen de vulcaniser le caoutchouc, c’est-à-dire rendre le caoutchouc dur afin qu’il garde définitivement la forme imposée lors de la vulcanisation. C’est ainsi qu’il inventa la version rigide du caoutchouc, qui restait l’élément indispensable pour garantir la pérennité et l’intégrité de l’empreinte.



 

Le tampon moderne : un homme à son origine, Goodyear.

C’est à partir de cette époque qu’il va se développer à grande échelle. La fabrication passe d’un procédé artisanal de précision à un procédé industriel de masse : en créant des moules, on peut couler et vulcaniser des empreintes en caoutchouc en série. C’est cette fabrication de grande ampleur qui rendra possible, près d’un siècle plus tard, la naissance du tampon automatique. La valeur juridique du tampon disparut avec cette industrialisation, puisqu’il n’est plus possible de garantir l’authenticité de l’empreinte (elle peut être copiée).

Qui n’a pas reçu son lot de tampons en plastique quand il était petit – affront à votre sens artistique naissant pour sûr ? Mais c’est aussi la solidité des tampons d’entreprise Reiner ou l’impertinence de la Tamponneuse, start-up née de l’alliance subtile avec un artiste, le Tampographe Sardon. L’espace créatif et artistique s’est aussi attaché à remettre le tampon au goût du jour avec le scrapbooking. Le tampon a encore de beaux jours devant lui !