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Posted 26/06/2015 by ET in Prévenir les difficultés
 
 

Esprit d’équipe : Pourquoi les entreprises ne fonctionnent pas ?

esprit d'équipe Crowdfunidng, ensemble pour réussir. esprit d'équipe
esprit d'équipe Crowdfunidng, ensemble pour réussir. esprit d'équipe

Il est frappant de constater que nombre d’entreprises n’ont que faire du bien-être au travail de leurs employés et s’étonnent de leur manque d’enthousiasme et de résultats, ce qui sur le long terme affecte les résultats et la rétention des meilleurs éléments. Beaucoup de responsables pensent que le bien-être des salariés passe par du confort, de l’argent et une bonne place. Si leur implication personnelle est nécessaire, celle-ci doit se faire dans le cadre de l’entreprise, organisation similaire à une colonie de fourmis ou à une équipe sportive.

Un travail intéressant mais pas que !

Si le travail varié, la variété des tâches et autres facteurs liés au travail en lui-même ont un rôle dans la satisfaction de employés, le management en France, calqué sur des méthodes anglo-saxonnes, est souvent médiocre. Médiocre sur le plan humain (suicides chez Renault, France Telecom/Orange…), mais aussi inefficient en terme de résultats. Stephen Covey pointe dans son livre The 8th Habit ou La huitième habitude, le manque de coopération entre les employés – ce que j’ai personnellement ressenti dans une caisse régionale d’un crédit agricole, un vrai manque d’esprit d’équipe. Il ressort de son étude auprès de 23000 salariés à travers les USA :

  • 37% comprennent ce que leur organisation cherche à réaliser et pourquoi
  • 1 / 5 est motivé par les objectifs de son équipe et de son organisation
  •  1 / 5 arrivent à comprendre le lien entre leur tâches et les objectifs de leur équipe et de leur organisation
  •  15% pensent que leur organisation leur aide à atteindre les objectifs clés
  • 20% ont confiance dans leur entreprise

Le travail d’équipe ne dépend pas de la taille de l’entreprise

Vous me direz que ce n’est que pour les grandes entreprises. Et bien non ! Prenons les mêmes données et appliquons les à une équipe de foot de 11 joueurs.

  • 4 joueurs sur 11 savent où se trouvent leurs propres cages et où ils doivent marquer
  • 2 sur 11 s’en soucient réellement
  • 2 sur 11 savent à quelle position ils jouent et leur rôle
  • 2 joueurs affrontent le reste de leur équipe plutôt que les adversaires

Imaginez ces 2 joueurs qui essaient de marquer contre leur camp ! C’est ce qui arrive dans beaucoup de TPE et PME hélas.

Les entreprises devraient fonctionner comme des équipes de foot ou de rugby – où la coopération est encore plus importante tant les postes sont spécialisés – ce qui n’est pas le cas. Bref, faire preuve d’un esprit d’équipe… Ce manque de compréhension est encore plus frappant lorsque l’on voit comment les interventions réalisés par des sportifs ou des coachs sportifs sont compris à moitié. Le PDG ou manageur veut souder ses équipes autour d’un séminaire ou faire en sorte qu’elles fonctionnent alors bien même qu’eux mêmes ne favorisent ou ne rentrent pas dans ce schéma de coopération.

Récompenser la coopération plutôt que la réalisation ?

C’est quelque chose de difficile à mettre en place, cependant au lieu de favoriser les requins ou les jeunes loups, il faudrait – si on prend l’intérêt de l’entreprise, ce qui me semble pas le cas dans les évaluation RH – plutôt encourager ceux qui coopèrent.

C’est également le cas pour les TPE.

J’ai évolué avec ma précédente entreprise sur un marché régional extrêment concurrentiel qu’est la mécanique générale (usinage de pièces mécaniques). L’attitude des entreprises sous traitantes entre elles ou avec leurs clients est généralement de ne pas se faire de cadeau, de traiter toute affaire avec un secret médical. On arrive à des situations de « cassage de prix » par un auto-entrepreneur qui vient d’acquérir une nouvelle machine, on cache le nom du client, ou des marchés non pris car on peut faire certaines choses mais pas d’autres – et on ne veut pas partager en win-win. Cela n’a rien de bisounours…comme on me l’avait fait remarquer (alors que c’est la logique économique même de coopérer).
Sur un autre marché concurrentiel régional qu’est l’ébénesterie – menuiserie, deux petits artisans distants de quelques kilomètres ont décidé de marcher ensemble pour pouvoir traiter de plus grosses commandes.
Devinez lesquels s’en sortent le mieux…